Le feu au cul !

La société marocaine connaît aujourd’hui un semblant de guerre civile sur les réseaux sociaux (Bien entendu, sinon c’est moins drôle !) au sujet des agressions sexuelles que subissent les femmes dans la rue. Les uns clament que les hommes sont des frustrés du caleçon et qu’ils devraient savoir calmer leurs ardeurs et d’autres se plaignent des femmes qui selon eux sont « provocatrices » et devraient aller se rhabiller ou s’enfermer chez elles. Comme quoi, niveau débat sociale au Maroc, c’est du haut vol ou rien !

Bien entendu, ce sujet ne date pas d’hier. Il n’y aura pas une seule femme marocaine qui pourra dire un jour qu’elle n’a jamais été sexuellement harcelée ou agressée dans la rue. Je pense même qu’on pourrait rédiger un recueil de plusieurs tomes sur les anecdotes que chacune a pu vivre dans ce sens et cela servira à créer plusieurs nouvelles saisons de la série « New York, Unité Spéciale », sauf que ça deviendra « Maroc, Unité Débordée ».

Tableau « L’origine du Monde » de Gustave Courbet … modifié pour symboliser « L’origine des problèmes au Maroc »

Trêves de plaisanteries, l’heure est grave ! Il faut reconnaître que ce qui est différent aujourd’hui, c’est que les femmes osent en parler. Pas toutes, mais au moins, certaines commencent. En général, les autres concernées suivent le mouvement aussi. L’étape suivante qui devrait nous faire croire que les choses sont en train de changer, c’est que les autorités y mettent du leur aussi. Les femmes marocaines, certes parlent enfin de ce mal quotidien, mais sont fatiguées de devoir à chaque fois le crier sous les toits afin de se faire entendre et que le gentil flic vienne mettre les menottes au méchant agresseur. C’est lassant ! De plus que, beaucoup de femmes tiennent à rester anonymes et évitent toujours de se mettre sous les feux de la rampe quand il s’agit de raconter ces mésaventures, par peur de représailles familiales, de son mari, du regard des voisins, etc.

Cela amène à parler de LA chose qui fâche : l’éducation. Généralement, on accuse ces hommes harceleurs/ agresseurs, d’être mal éduqués sexuellement, ou mal éduqués tout court. Si on doit vraiment mettre un vocabulaire à chaque chose, il faudra aussi dire alors que les femmes victimes ne sont pas « éduquées » non plus dans ce sens. Avant de commencer à me lancer des pierres, je tiens à dire que je ne suis pas la logique ridicule qui dit que la femme est « provocatrice ». Non, jamais de la vie. Je pense que la femme victime d’agression ou harcèlement sexuel au Maroc n’est pas assez éduquée non plus, dans le sens où elle ne sait pas quels sont ses droits dans ce genre de situation. Elle ne sait pas non plus quelle attitude adopter. Elle ne sait pas à la base qu’elle est victime. Elle pense que ce qui lui arrive est de sa faute, qu’elle ne devra pas en parler autour d’elle et qu’elle sera juste blâmée par sa famille et par la société … qui soutiennent la fameuse théorie de « Tu l’as bien cherché ».

Nous savons tous déjà très bien que l’école marocaine tombe en ruines et qu’il faut un renouveau sur le système éducatif entier, mais il y’ a une autre éducation qui se fait à la maison et dans la rue aussi. Celle-ci est malheureusement encore pire que celle que le gouvernement gère. Une éducation où les parents inculquent dès le plus jeune âge à leurs enfants la culture du sexisme, de misogynie et de soumission. Le pire, c’est que généralement, ils ne s’en rendent même pas compte.

Bon après, il y’ a l’histoire des pédophiles, des zoophiles, de la virginité et l’honneur des filles … mais déjà rien que dit comme ça, ça m’a fatiguée. Ce sera pour un autre jour.

 

Une petite tasse de thé fêlée

Vous aimez bien ce contenu... Partagez-le 😀 !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *